Des fossiles… découverts à Lévis

Quebec from the chaudiere

 

Le territoire de l’actuelle ville de Lévis possède une richesse paléontologique encore méconnue qui a fait dire au célèbre paléontologue Franco Rasetti (1901-2001) dans les années 1940 qu’une partie de ce même territoire devrait être désigné comme un parc de fossiles exceptionnel. Qu’en est-il?

La découverte de fossiles sur les bords des rivières Chaudière et Etchemin remonte à l’époque du géologue et physicien anglais John Bigsby (1792-1881). Lors de sa visite dans le Bas-Canada, il parcourt la région de Lévis et de la Côte-du-Sud à pied et découvre incrustés dans la roche des fossiles de graptolites, de minuscules animaux qui vivaient à l’époque du Cambrien il y a environ 600 millions d’années. Bigsby aurait également identifié des Trilobites, un petit crustacé marin appartenant à la catégorie des arthropodes et vivant à cette même époque.

À la suite de cette découverte, plusieurs géologues se sont intéressés aux formations géologiques de Lévis et à son potentiel pour l’avancement des connaissances en paléontologie. En 1854, des géologues de la Commission géologique du Canada confirment la découverte de Bigsby  Un peu plus tard le géologue William Logan (1798-1875) découvre à Pointe-Levy des fossiles de brachiopodes, un organisme marin dont la coquille ressemble aux ailes d’un papillon[1]. En 1857, les géologues de la Commission confirment la découverte de Trilobites par Bigsby.

Logan décide de nommer les formations géologiques de la région sous le nom Groupe de Québec. Les calcaires fossilifères et à graptolites reçoivent le nom de formation de Lévis, puis une grande masse de grès et de schistes est nommée formation de Lauzon. La découverte en 1862 par le directeur des Terres de la Couronne Thomas Devine d’un premier Trilobite complet à Lauzon (probablement à la jonction de la route Mgr Bourget et de la rue Saint-Joseph) marque une étape importante dans la connaissance des fossiles.

Ces découvertes permettent à d’autres géologues d’approfondir l’étude du territoire géologique de Lévis dans les années suivantes. En 1864, le pionnier de la géologie nord-américaine Jules Marcou (1825-1898) fait une exploration attentive de Pointe-Levy afin de mieux connaître sa composition géologique[2]. Il situe alors une zone importante de fossiles de trilobites à une centaine de mètres de la rue Saint-Georges entre les églises Notre-Dame et Saint-Joseph et particulièrement entre la carrière Gay et l’église Saint-Joseph et dans la zone d’une maison à péage, la Croix de Tempérance, la route de Saint-Joseph, le cimetière de la terre du curé et un four à chaux. Le texte de Marcou nous renseigne sur la toponymie locale. Le géologue nous parle d’une colline nommée Redoute qui se situe près de la carrière Gay où il rassemble un nombre intéressant de fossiles. Il affirme que c’est sur la terre du curé de Saint-Joseph que l’on en trouve le plus.

Les fossiles de trilobites découverts à Lauzon piquent la curiosité des savants. Le paléontologue et physicien italien Franco Rasetti, en fonction à l’université Laval dans les années 1940, en fait l’un de ses principaux axes de recherche. En disant non à la Bombe, Rasetti met de côté ses importants travaux en physique nucléaire. Il fuit le régime fasciste en Italie et enseigne ensuite à l’Université Laval. Pendant deux ans, il scrute la falaise de Lévis et ses hauteurs et récoltes près de 2000 fossiles. Rasetti devient une sommité dans la connaissance des trilobites. Celui-ci en fera une importante collection et la donnera en partie au Département de géologie de l’Université Laval [3]. Une autre partie sera vendue au British Museum.

[1] SOCIÉTÉ DES ARTS ET DES LETTRES DU HAINAULT. Mémoires et publication de la Société des arts et des Lettres du Hainault, 1872, p. 179.

[2] MARCOU, Jules. « Notices sur les gisements des lentilles trilobitifères taconiques de la Pointe-Lévis, au Canada », dans Bulletin de la Société géologique de France, 1863 à 1864, p. 236.

[3] Pour en savoir davantage sur ce chercheur exceptionnel on consultera l’excellent ouvrage suivant : Ouellet, Danielle avec René Bureau, Franco Rasetti, physicien et naturaliste : il a dit non à la bombe. Montréal, Guérin, 2000, 204 p.

COPYRIGHT, Yves Hébert,  2017

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